Brundibar

par Musique au collège Lavoisier  -  2 Juin 2014, 12:40  -  #6ème

 

La classe de 6e2 assistera a une répétition de l'Orchestre National de Lille, vendredi 13 juin 14h.

 

Pour vous familiariser avec l’œuvre qui sera jouée , cliquez sur le lien ci-dessous :

http://www.deezer.com/album/6772066

 

Nous vous conseillons également de lire l'argument de l'opéra et les informations ci-dessous:

 

Argument

PREMIER ACTE

 

Pepícek et Aninka ont perdu leur père il y a longtemps. Ils se soucient aujourd’hui de l’état de santé de leur mère. Le médecin de famille demande aux enfants d’aller chercher du lait pour la soigner.

Dans la rue, le marchand de glaces vante les mérites de ses produits, le boulanger l’imite, suivi par le laitier. Pepícek et Aninka commandent du bon lait frais, sans avoir un sou pour le payer. Le laitier refuse de leur en donner. L’agent de police intervient : l’argent peut tout, mais si l’on veut en posséder, il faut le mériter. Les deux enfants cherchent une solution pour pouvoir offrir du lait à leur maman. De l’autre côté de la rue, le musicien Brundibár fait la manche en jouant de l’orgue de Barbarie. L’agent de police fait remarquer aux enfants que c’est grâce à ses airs à danser et à sa bonne humeur que Brundibár reçoit autant d’argent. Pepícek et Aninka décident alors de l’imiter en chantant une chansonnette guillerette, mais personne ne leur prête attention. Ils se moquent alors du musicien, ce qui a le don d’irriter les passants. Ils se font rapidement chasser par Brundibár qui entame une méchante tirade afin d’affirmer son statut de musicien qui règne là comme un roi.

Aninka est épuisée. Que vont-ils faire maintenant ? Les enfants décident de passer la nuit dehors jusqu’au matin, réfléchissant à comment être plus fort que Brundibár. L’oiseau promet de les aider, de se regrouper et de chanter tous ensemble, comptant sur les renforts du chat et du chien pour rassembler trois cents filles et garçons. Les enfants s’endorment, rassurés et confiants du lendemain.

 

 

 

DEUXIÈME ACTE

 

L’oiseau annonce six heures. Les animaux jugent ce moment opportun pour être efficace et aborder les écoliers qui se rendent à l’école, afin de les rallier à la cause d’Aninka et de Pepícek, deux camarades dans l’embarras qui ne veulent qu’offrir du lait à leur maman malade. S’ils s’y mettent tous ensemble, ils gagneront et vaincront l’affreux Brundibár. Les écoliers se rendent à l’école et promettent de venir en aide à Pepícek et Aninka en temps voulu. Brundibár s’installe dans la rue et commence à faire la quête. Le chien donne le signal aux autres animaux et aux enfants. Une cacophonie se fait bientôt entendre. Brundibár perd patience ; le chat miaule, le chien aboie et attrape le méchant homme par le pantalon. Petit à petit, les enfants se rassemblent. Pepícek les dirige et Aninka donne le la : le choeur se met à chanter une douce chanson. Brundibár cherche en vain à couvrir les voix des enfants alors que le public se détourne de lui et récompense le chœur avec des pièces d’or. Aninka et Pepícek ont récolté assez d’argent pour acheter du lait, mais Brundibár le leur vole. Les animaux sonnent l’alarme. Brundibár est rattrapé. Il jette l’argent et s’enfuit, dépité. Tous se réjouissent de leur victoire, car qui aime le bien – et qui toujours s’y tient sans jamais craindre rien – est un ami pour la vie.

 

 

L'oeuvre et son contexte

 

Brundibar est un opéra pour chœurs d’enfants, en deux actes, sur une musique de Hans Krasa et d’après un livret d’Adolf Hoffmeister.

 

Cette œuvre a été composée en 1938. Elle a d’abord été conçue pour un concours d’opéra pour enfants organisé par le Ministère de l’Education et de la Culture de Tchécoslovaquie.

Mais en 1939, les Allemands envahissent la Tchécoslovaquie.

Les nombreux artistes juifs de la ville de Prague, sous la contrainte nazie qui les exclue de la vie publique, sont tenus d’interpréter leurs œuvres dans des lieux privés, en secret. C’est dans ce sombre contexte que Brundibar est donné pour la première fois, en 1941, à l'orphelinat pour garçons juifs de Prague. Les répétitions ont lieu avec un orchestre réduit.

 

Le 10 août 1942, Krása, ainsi que le chef d’orchestre Schächter et le metteur en scène Zelenka sont déportés dans le camp de concentration de Terezín (anciennement appelé Theresienstadt).

Toute l’élite culturelle juive de Prague y était enfermée, et il lui était encore permis d’avoir des activités artistiques réduites. L’année suivante, presque tout le

choeur de l’orphelinat juif de Prague est réuni à Terezín. Krása reconstitue alors la partition

 

Deporte a son tour par les Nazis au camp de Terezin en aout 1942, Krasa reconstitue la partition de Brundibár à partir de quelques parties de piano conservées et de sa mémoire. Il monte son opéra avec les enfants du camp comme interprètes. La première de Brundibar aura lieu en septembre 1943, suivie d’une cinquantaine d’autres, avant qu’en novembre 1944 enfants , musiciens et compositeur ne soient déportés et exterminés à Auschwitz.

 

Guide d’écoute

 

Acte 1

 

Scène 1- Piste 1

 

Dans un mouvement vif et énergique, l’orchestre annonce le premier thème scindé en deux phrases distinctes par l’intervention du piano. Ce thème est repris par le chœur présentant les deux enfants qui se promènent dans la rue.

 

- Chœur: Voici le petit Pepicek! Son père est parti pour la guerre. Par la main il tient Aninka, et bien malade est leur p'tite mère.

 

- 0’30

Le caractère change brutalement : dans une mesure à 6/8 marquée par la pompe du piano et les basses du violoncelle, le violon solo fait entendre un chant mélancolique. Sur le même motif rythmique Pepicek et Aninka entame leur présentation et nous explique la triste situation. Le caractère douloureux est accentué par l’emploi de notes conjointes et de chromatismes tandis que la répétition du motif nous montre le côté inéluctable de leur sort. Le violon leur répond par son contre-chant.

 

Pepicek: On m'appelle petit Pépa, à la guerre est parti papa. Par la main je tiens Aninka, et bien malade est Maminka. Un docteur est venu la voir.

- Aninka: Avec un très grand sac tout noir!

- P: Il s'est assis près de son lit

- A: et gentiment lui a souri

 

Le violoncelle prend le relai du violon solo alors que les enfants, à l’unisson dans le grave, semblent résignés.

 

- 1’38 P+A: il lui donne des médicaments, qui guériront notre maman. « Madame il faut vous reposer, les enfants vont chercher du lait ».

 

La chœur reprend la douce berceuse (rythme noire/croche) Maminka a besoin de repos. Et c’est la clarinette que reprend le contre-chant, accompagné par les cordes.

 

- 2’04 Chœur: Maminka doit se reposer, les enfants vont chercher du lait.

- P+A: Maminka doit se reposer et nous on va chercher du lait

 

 

Scène 2- Piste 1 ; 2’37

La rue se remplit de monde.

Pianissimo, les cordes amorcent une marche (mesure à 2 temps). Le crescendo de l’orchestre illustre l’arrivée progressive des badauds et l’effervescence grandissante qui gagne la rue. Les traits rapides à la clarinette et à la flûte, les trilles dans un mouvement descendant donnent un côté burlesque et joyeux qui tranche avec la scène précédente.

 

C’est la caisse claire qui annonce l’intervention du marchand de glaces.

 

Le marchand de glaces (parlé): Allez, allez, goûtez mes glaces! Café, chocolat et pistache! A la vanille pour les filles, au citron pour les garçons. Les p'tits, les grands et même les vieux, tous elles vous rendront heureux! Cousins, cousines, voisins, voisines, coquins, coquines, venez vous lécher les babines!

 

Scène 3- Piste 2 ; 0’34

 

Décidé, dans un tempo Allegro, le tutti de l’orchestre et du chœur, en homorythmie, renforce le discours persuasif de chaque marchand. De nouveau, la caisse claire annonce les interventions du boulanger et du crémier.

 

- Chœur: Café, chocolat et pistache, courons bien vite manger ses glaces!

Le boulanger (poète) : Pain au lait, pain d'épices, ils sont frais, un vrai délice! Mes pains ont une âme, pour vous monsieur, pour vous madame, mes pains de soleil, mes croissants de lune, pour le doux réveil de chacun et chacune!

- 0’57 Chœur: il a vendu tous ses croissants, regardez comme il est content!

- Le crémier(perroquet): Mléko!(4fois), cerstve mléko! Du lait, du lait, du lait, du lait frais, du bon lait! Du beurre, du fromage, du lait! Du lait frais, du lait frais, du lait!

 

Scène 4- Piste 3

Par intervalles descendants, les vents (trompette, flûte et clarinette) lance un appel décidé repris aussitôt par le chœur à l’unisson qui se dédouble ensuite dans une seconde partie du thème emprunte d’un caractère suppliant.

- Chœur: Eh, monsieur le crémier, il leur faut du bon lait pour faire un bon café!

Pour leur maman s'il vous plait!

 

Et les deux enfants reprennent la demande.

- P+A : Eh monsieur le crémier, donnez-nous du bon lait pour faire un bon café, pour maman s'il vous plait!

 

- 0’25

La réponse du crémier débute dans un tempo modéré. Ce même thème, faisant référence aux danses slaves qui ont influencé le compositeur, est ensuite entendu dans un tempo plus rapide bientôt rejoint par la population joyeuse de la rue, le chœur et l’orchestre complet.

 

Le crémier: C'est une chose que l'on sait chez nous les crémiers, pour garder la santé il faut boire du lait!

 

- Chœur: Si tu as trois sous, le crémier remplira ton pot de bon lait!

(avec le crémier) Mais si tu n'as pas les trois sous, ton chat n'aura droit qu'à du mou!

- P+A: Le crémier a du bon lait, du pain le boulanger, nous des trous dans nos poches, on n'aura pas d' brioches!

- Le chœur chante en même temps: Si tu as trois sous le crémier remplira ton pot de bon lait mais si tu n'as pas les trois sous, ton chat n'aura droit qu'à du mou!

 

N’ayant pas le sou pour payer, les deux enfants réitèrent leur demande d’abord par des notes répétées à l’unisson avec l’orchestre, puis rejoints par le chœur en une douce et touchante supplique.

 

 

- 0’58 Chœur du conservatoire + P+A: Eh, monsieur le crémier s'il vous plait du lait!

mlicko je zdravy, zdravy, zdravy!

 

Scène 5- Piste 4

L’arrivée du gendarme est annoncée par deux notes à la clarinette. La chanson est construite sur un rythme marqué. Le ton strict de ses explications est accentué par les réponses, en staccato (notes piquées) de la clarinette et de la flûte.

- Le gendarme: si tu peux payer largement, t'as c'qu'il y a de meilleur, mais sans un rond si tu as faim, ne compte pas sur leur cœur! Le crémier a du beurre du lait, du pain le boulanger et toi il ne te reste rien que tes yeux pour pleurer! Tu dois travailler tous les jours pour gagner de l'argent, et dans ce monde aujourd'hui tu n'peux pas faire autrement.

 

 

Scène 6- Piste 4 ; 1’20

Arrivée du musicien Brundibar. Tous les gens de la rue lui jettent des pièces.

 

C’est sur une valse lente que nous découvrons le personnage de Brundibar, joueur d’orgue de barbarie. L’instrument est ici représenté par les arpèges joués à la clarinette et la douce mélodie à l’accordéon.

Ce thème est repris par la trompette (puis la clarinette et la flûte) accompagnées des cordes. Sur une musique populaire des pays de l’est, les enfants ont une idée : chanter pour gagner de l’argent.

 

- A: Pour dépenser de l'argent, il faut d'abord le gagner.

- P: Monsieur, qu'a fait ce musicien pour mériter tant d'argent?

- Gendarme: Il nous apporte de la musique et du bon temps!

- A: Moi aussi je vais chanter!

- P: N'importe quelle chanson pourvu qu'elle soit gaie!

- A: Celle du chat et le chien?

- P: Celle sur la sorcière?

- A: Celle sur le printemps?

- P: Non, celle sur l'été!

- P+A: Ou plutôt celle-ci:

 

Scène 7- Piste 4 ; 3’15

La clarinette donne le tempo de la danse qui sera la première chanson de Pepicek et Aninka.

- P+A: Aujourd'hui les petites oies sont parties en voyage, un voisin les as vues s'envoler sans aucun bagage. Dites-moi mes petites oies pourquoi avez-vous fui? Si c'est parc'que vous aviez froid, je vous aurai rôties! 

 

5’50

Brundibar continue à jouer. On entend de nouveau l’orgue de barbarie (accordéon et accompagnement de la clarinette). Avec les cordes et la trompette qui rejoue le thème, la musique de Brundibar s’amplifie et on n’entend pas le chant des enfants.

 

6’30 (Brundibar continue à jouer, personne n'a remarqué les enfants).

- A: Je crois qu'ils n'aiment pas nos chansons.

- P: Comment savoir ce qu'ils aiment?

- A: Je peux crier de toutes mes forces, personne n'entend!

- P: Ce brundibar joue trop fort, il va finir par nous assommer.

- A: Ce musicien barbant vient jouer ici tous les jours.

- P: Il ferait mieux d'aller voir ailleurs, sa musique ne vaut pas un clou! On se demande pourquoi il a du succès, la vie est injuste.

 

(Les deux enfants imitent la chanson du joueur d'orgue de Barbarie, se moquent des adultes et caricaturent leurs danses. Maintenant les adultes remarquent les enfants et se mettent à rouspéter.)

 

- Le crémier: Qui miaule ici sans arrêt?

- Le marchande de glace: Mes oreilles bourdonnent!

- Le boulanger: Qui fait du bruit tout le temps?

- Brundibar: Ces marmots nous cassent les pieds!

- Le marchand de glace: Je parie que ce sont des fripons

- Le gendarme : Ca ne se fait pas ce qu’ils font

- Le boulanger : Regardez ces petits morveux comme ils sont culottés

 

- Brundibar: Et ces blancs-becs pensent qu'ils font de la musique!

- Le crémier: Ma foi, la voix de ces mioches me crève les tympans!

- Le marchand de glace: Eh, rois des piailleurs, allez voir ailleurs!

- Brundibar: Je vais vous faire arrêter, petits voyous!

- Le gendarme: Que je ne vous vois pas mendier!

- P+A: Mais, Messieurs, on ne savait pas, on ne voulait pas...

- Brundibar: Tonnerre de Brest, mille milliards de sabords, plus un mot!

- P+A: Mais, Messieurs, on ne savait pas, on ne voulait pas...

- Brundibar: Bachibouzouks! Allez ouste, disparaissez!

- Le crémier: Ils détalent comme des lapins.

 

 

Scène 8 - Finale - Piste 5

0’39

Le méchant Brundibar entame alors sa terrible chanson « parlé-chanté », formée de trois phrases identiques, doublé par les bois et l’accordéon qui jouent la mélodie, en terminant par une effrayante conclusion.

 

- Brundibar: Regardez-moi ces deux fripons, si seulement j'étais leur père, c'est avec des coups de bâton qu'ils apprendraient les bonn's manières!

Et vous les mioches, plus un seul mot, je suis le chef, j'ai le pouvoir. Un peu de respect les marmots, devant le roi Brundibar.

Et c'est moi qui donne le ton, si je n'entends pas le bon son, je distribuerai des marrons, car j'connais pas le pardon!

Ici gouverne un grand tsar: moi, le musicien Brundibar!

(Brundibar sort. Les gens se dispersent. Crépuscule).

 

Piste 6

L’affreux personnage est parti. Dans un tempo lent (adagio), le piano égraine des accords aux consonances un peu « jazzy », auxquels se mêle le thème de l’orgue de barbarie, joué pianissimo, à la flûte, comme un souvenir du terrible Brundibar.

 

- A: Pépa, qu'est-ce qu'on va faire?

- P: Le vieux méchant bonhomme est parti.

- A: J'ai envie de dormir.

- P: La nuit s'approche, il fait si noir!

- A: J'ai peur des ogres, des fantômes et des p'tits nains.

- P: Nous attendrons ici jusqu'à l'aube.

- A: Peut-être on verra une bonne fée?

- P: Asseyons-nous sur le banc et tenons-nous par la main.

 

Aninka s’inquiète. Pépicek tente de la rassurer avec ses réponses faites de notes répétées dans le grave. Doublés par la trompette ils essaient de trouver une solution.

- 1’00 A: J'ai la trouille de Brundibar!

- P: Je suis sûr qu'il ronfle dans son lit.

- A: On l'a drôlement mis en pétard!

- P: Mais c'est fini!

- A: Je suis inquiète, c'est à cause de ma voix fluette.

- P+A: On peut chanter avec nos cœurs, on s'ra jamais à la hauteur; Il faudrait être plus de deux.

 

Piste 7

Les violons jouent en pizzicato (en pinçant les cordes avec les doigts) et donnent un accompagnement léger au moineau dont le chant est dépeint par le piccolo.

 

- Le moineau (volant sur scène): Oui, bien plus!

- A: C'est le moineau!

- Le moineau: Quand on est seul, on ne peut rien. Je m'y connais, aucun moyen, je le sais bien!

 

 

 

- O’31

Le jeu legato (lié) des cordes frottées exprime, dans un tout autre caractère, la douceur du chat.

Le chat (sautant du mur): Je vois dans le noir, bien mieux qu'un renard! Et quand je suis seul, la nuit, je m'empiffre de souris.

 

Reprise du thème du moineau et du thème du chat.

- Le moineau: Là dans un coin ce gros matou est un malin qui voit partout sacré minou.

- Le chat : Aucune opinion sur cette question. Qu'en pense mon ami Azor qui sait toujours qui a tort?

 

Dans l’esprit d’une marche, apparaît le chien. L’emploi de la grosse caisse, des notes piquées et les dissonances des accords donnent un ton décidé à son intervention. En réponse aux questionnements d’Aninka et Pépicek, le chien reprend le motif annoncé par les enfants quleques mesures plus tôt : l’union fait la force !...

- 1’37 Le chien (sortant d'un tonneau): Prenez le cas du lapin qui est rapide et malin, que peut faire contre lui un chien? Mais groupez 9 ou 10 chiens, et vous constaterez bien que ce lapin ne vaudra plus rien!

2’09

- Le moineau: Oui mes amis, quand on s'unit, grands et petits, là-haut frémit notre ennemi!

- Le chien: Moi je suis un chien peinard, mais là c'est une autre histoire... avec joie je mordrais Brundibar!

Le coup et la douleur sont décrits à ce moment par un tremolo et glissando des violons.

 

Après une courte introduction aux accord « jazzy » du piano, les trois animaux, s’unissent (3 voix)

- 2’22 Les 3 animaux: Nous connaissons dans toutes ces maisons au moins trois cent filles ou garçons.

 

Dans un crescendo, et accelerando , appuyé par les notes graves de la clarinette :

Les 3 animaux - Nous les rassemblerons et nous vous promettons que dès demain matin avec tout leur soutien nous formerons un chœur qui chassera la peur. Trois cent enfants plus deux égale trois cents deux: avec la quantité, on a l'autorité. Brundibar ne pourra plus vous terroriser!

 

(Aninka et Pepicek s'endorment. La nuit tombe).

 

- 3’25 Les trois animaux: La lune brille dans le ciel; leurs deux étoiles se lèvent. Elle veille sur leur sommeil jusqu'à l'heure du réveil. Pepicku bonne nuit, bonne nuit... de beaux rêves Aninko, Aninka. Quand se lèv'ra le jour, on vous port'ra secours!

Nous prêtons serment. Au-revoir, enfants!

 

4’40

Accompagné par la guitare marquant chaque temps, les cordes concluent ce premier acte par une douce sérénade (pièce au caractère léger exécutée le soir) comme un voyage dans l’imaginaire apaisé de nos jeunes héros.

 

 

 

 

Acte 2

 

 

Scène 1 -Piste 8

Lentement (tempo lento), le jour se lève avec les chants d’oiseaux représentés par la flûte dans l’aigu. La clarinette reprend la mélodie entendue par le violon solo dans la première scène de l’acte I de l’opéra. C’est le moineau qui s’exprime d’abord avec le thème qui le caractérise (triolet / noire) présenté dans la scène 8. Puis le chat, et le chien.

0’30 Le moineau: Il est 6 heures, y'a pas d'erreurs! Debout, debout, c'est le moment, les p'tits enfants.

Le chat: Mon plus grand plaisir, c'est bien de dormir, et ensuite faire ma toilette, c'est vraiment ça qui est chouette!

Le chien: Dormir longtemps n'est pas bien, que tu sois chat ou bien chien. Ouaf, ouaf, ouaf, debout, c'est le matin.

 

Le chien : Allez hop ! Debout les enfants, pas question de dormir longtemps, aujourd’hui un grand travail nous attend. Pépicek réveille Aninka

Pépicek : Bonjour, petite.

Le chien : Aninka, réveille Pépicek !

Aninka : Bonjour Pepicko

Scène 2- Piste 8

Les enfants et les animaux font la gymnastique du matin et chantent. Le tempo déjà très rapide pour cette mesure à temps, s’accélère encore.

1’38 Les 3 animaux, A+P: Le coq lance son cri et la nuit est finie; c'est le frèr' du réveil, l'ennemi du sommeil, adieu la nuit!

C'est le cocorico qui tous les jours trop tôt chasse de la maison les filles et les garçons, adieu dodo!

A la ville c'est pareil quand chante le réveil; l'étudiant jette sa couette et saute dans ses chaussettes, adieu sommeil!

Enfants sortez du lit, mangez d'bon appétit; l'heure de l'école est proche, puisque sonnent les cloches: bonjour la vie!

(La rue s'anime)

 

Scène 3- Piste 8

La gymnastique est terminée : autre action, autre mélodie, autre tempo(tempo vivacissimo / mesure à 2 temps).Tout le monde s’affaire… On peut noter que les violons commencent par doubler les voix puis terminent par des glissandos.

 

2’24 Le chœur : Alinka secoue les draps, Nora s'occupe du chat, Hans nettoie les canaris, Yenicek range ses outils, Alena lave les carreaux, Bozka porte des seaux d'eau, Pavel achète le journal, tout le monde se donne du mal!

 

Après l’appel tonitruant de la trompette, le chœur reprend a capella. L’orchestre rejoue la mélodie (à la trompette) précédemment chantée par le chœur dans une vitesse plus rapide.

 

 

2’44 Majka joue du violon, Monsieur Novak sourit en regardant son avion.

 

(La rue se remplit d'écoliers portant leurs cartables)

 

Les animaux: Les amis, au travail maintenant, il faut rassembler les enfants pour aider nos camarades qui ont leur maman malade. Ils veulent lui acheter du lait pour lui faire du bon café. Ils doivent gagner des sous en chantant. Venez, venez les enfants, si on fait tous un effort, notre chant sera plus fort. Si nous formons un seul chœur, nous vaincrons le dictateur. Chantons partout à la ronde et donnons l'exemple au monde.

 

(Chacun des animaux s'adresse à un groupe différent d'enfants, pendant que commence la marche des écoliers).

 

 

Scène 4- Piste 8

3’57

Les animaux font appel aux écoliers. Chacun prend la responsabilité d’un groupe. Le tempo modéré de la marche est donné par les cordes qui jouent en pizzicati auxquelles s’ajoute le piano. On retrouve l’effet de pompe aux cordes (repéré au piano dans la première scène).

4’28

Le thème d’Aninka et Pepicek énoncé dès le début de l’opéra (scène 1) est repris aux cordes, legato. S’y superpose la voix des écoliers sous forme de mélodie rapide (rythmes de quatre double-croches) répétée trois fois comme une prière ou une formule magique.

Chœur (1er groupe): Tous nous savons, nous comprenons, et au bon moment, nous viendrons. (même chose pour le 2ème puis le 3ème groupe).

Tous: Nous savons!

 

Scène 5- Piste 9

 

Les enfants courent à l'école. La cloche de l'école sonne. La rue se remplit de gens.

Brundibar revient avec sa chanson. Puis on retrouve le chien qui enchaîne avec son propre thème auquel s’ajoute le thème du chat. Par accumulation encore, les enfants scandent dans un rythme régulier de croches leurs encouragements et leur détermination.

 

- Brundibar: J'ai des chansons pour les gens qu'ils soient riches ou bien indigents, Foxtrot, Galop, Valse, Polka, je peux aussi jouer la java. Je suis le chef de la musique, le plus tragique, le plus comique; je suis le maître de la rue, oui, vous avez tous reconnu, celui qui est le grand tsar, moi, le musicien Brundibar.

- 0’30 Le chien: le moment est important, venez venez les enfants, tous contre Brundibar, en avant!

- Le chat: Il n’faut pas qu'il voit, ce vieux rabat-joie, la puissance de notre armée qui c'est sûr va l'écraser!

- Le chien(en même temps): Toi, matou, prépare tes griffes, toi, moineau, siffle et persiffle, nous allons tous vaincre cet escogriffe! Il n’faut pas qu'il voit la puissance de notre armée qui c'est sûr va l'écraser.

- P+A: Hurlez, grognez, miaulez, empêchez-le de jouer! Nous ne sommes plus effrayés car les enfants viennent nous aider.

 

 

 

L’oiseau, après une montée chromatique aux bois, fait retentir seul sa voix (thème du moineau entendu au premier acte) se dégageant de l’agitation ambiante.

 

- Le moineau: Dans les écoles, tous les enfants tiennent parole, c'est le moment, je les entends.

(La cloche de l'école sonne). Les cloches sonnent, bim bam bim bam, leurs pas résonn’nt, ah quel ram-dam, bim bam bim bam!

Suite à une descente chromatique à la flûte et à la clarinette, Brundibar reprend la parole.

(Brundibar continue à jouer. Le chat commence à miauler, le chien à hurler. Brundibar essaie de les chasser).

- Brundibar: eh dis donc toi vieux chat galeux avec ton copain chien miteux, dehors sinon vous allez qui de nous trois a le pouvoir.

(Le chat continue à miauler et le chien tire Brundibar par le pantalon. Les gens rigolent).

- Brundibar: Écoutez bien ce que je dis, clébard et matou abrutis, Aïe, ils me mordent les mollets, au secours, je suis attaqué!

(Les enfants se sont rassemblés. Aninka donne le « la » et le chœur commence, dirigé par Pépicek).

 

 

1’58

L’appel militaire de la trompette se fait entendre (nuance fortissimo).

Le chœur entame ensuite un magnifique chant polyphonique à deux voix dont le bourdon (la même note, ici « LA ») qui n’est pas sans nous rappeler les chants traditionnels de l’est.

 

- CHŒUR +P+A: Yenicek et Karlicek, Alena et Alinka, Majka, Bojka, Pavel, Nora, Hans, Kachenka, ils sont là, tous sont heureux de vous offrir ce doux chant mélodieux.

 

 

- Piste 9 ; 2’50

Le combat est terminé et tous chantent alors une douce et tendre berceuse. Elle est construite sur une alternance couplet/refrain.

Chœur, P+A : Maman, berce l'enfant, elle le voit déjà grand, dodo dors mon petit tant qu'il est encore temps; elle sait qu'un jour l'oiseau s'échappe de son nid pour découvrir le monde quand l'enfance est finie.

Maman, si tu voyais aujourd'hui ton enfant, tu serais bien étonnée de le voir si grand! Rappelle-toi quand tu me donnais de tendres noms, ma p'tite fille, mon p'tit gars, ma chérie, mon chaton.

 

 

(Brundibar essaie en vain de couvrir le chœur des enfants. Les gens se détournent de lui et jettent des pièces de monnaie dans le bonnet de Pépicek. Ils se dispersent, profondément touchés. Pépicek montre son bonnet à Aninka).

- Chœur+P+A: Maminka se demande se demande ce que sera la vie en balaçant le berceau vide de son petit.

 

- P: Regarde tout cet argent, Aninka!

- A: Maintenant, on va chercher du lait pour maman!

( Personne ne fait attention à Brundibar, qui s'approche silencieusement et vole le bonnet de Pépicek. Les animaux poussent des cris d'alarme).

- A: Ah, quel malheur!

- P: Allez, les enfants, attrapez le voleur!

 

 

Scène 6- Piste 10

 

L’opéra s’achève sur une marche triomphale où, les pulsations marquées par le piano et la guitare, dans un tempo modéré, on retrouve tout l’orchestre et tous nos héros. On peut remarquer le thème d’Aninka et Pepicek, se promenant de pupitre en pupitre dans les dermières mesures de l’opéra : trompette, cordes, bois.

 

- Chœur: Brundibar est vaincu, le tyran est perdu. On n' s'est pas laissés faire, on a gagné la guerre, les enfants ont chanté, tous amis, réunis, tous amis, réunis. Ils ont formé un chœur, pas un seul n'a eu peur devant ce dictateur.

- P: L'opéra est fini, aussi mes chers amis, je viens vous saluer avant de vous quitter.

- A: Avant de vous quitter, je viens vous saluer, car mes très chers amis, l'opéra est fini.

Reprise du chœur : Brundibar est vaincu…

 

 

- Chœur en tchèque: Kdo matolik rad, maminku statimkem

A nasi rodnou zem, je nas kamarad, a smi si snami hrat!