Max Ernst

par Musique au collège Lavoisier  -  21 Août 2012, 16:21  -  #Histoire des arts

   MAX   ERNST

 

Max Ernst étudie la philosophie et l’histoire de l’art à l’universit� de Bonn de 1909   à  1912. Aprés sa mobilisation durant la Première Guerre mondiale, il crée  avec Arp et Baargeld une section Dada à  Cologne. Inspirés par la peinture de De Chirico diffusée  par la revue Valori Plastici, ses premiers collages composés en 1919 jouent sur la multiplicité  des sens, l’ambiguité  et la contradiction, pour échapper   à toute logique. Ces travaux sont présentés à  Paris en 1921 lors d’une exposition organisée par André   Breton, posant ainsi les bases esthétiques du futur groupe surréaliste.

Dans le cadre des recherches de ce jeune mouvement, Max Ernst invente de nouvelles techniques picturales comme le frottage en 1925 : grâce à  ce procédé  qui relève du hasard, il instaure une distance face à  l’œuvre qui le conduit   à  se situer "au-delà  de la peinture". De même, il invente en 1929 le roman-collage avec La Femme cent têtes, puis réalise des sculptures, des décors pour les Ballets russes.

Son œuvre occupe une part importante de l’exposition "Fantastic art, Dada and Surrealism" organis�e en 1936 a MoMA de New York, où  quarante-huit de ses tableaux sont présent�s. La Seconde Guerre mondiale le conduit à s’exiler aux Etats-Unis où  il peint une série de toiles, notamment Le Surréalisme et la peinture, de 1942, (titre faisant écho au célèbre ouvrage d’André  Breton) pour laquelle il utilise la technique du "dripping". Un véritable manifeste de l’automatisme est ainsi proposé   à  la jeune génération de peintres américains qui sera profondément marquée par ses innovations. Il épouse Peggy Guggenheim en 1942 puis, en 1946, Dorothea Tanning, avec laquelle il s’installe en Arizona avant de revenir en France en 1953.

 

Ubu  imerator -  1923 


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Acquise par Paul Eluard avec deux autres grandes huiles sur toile, Ubu Imperator marque d’emblée l’entrée de Max Ernst dans le champ du Surréalisme. Cette œuvre illustre avec éclat la combinatoire d’éléments hétérogénes, héritée du collage  Sa force est de produire une image unifiée, tout en conservant la perturbation, introduite dans la vision, par chacun des éléments : pointe de la toupie, carcasse rouge où transparait une armature de fer, mains humaines exprimant l’étonnement.

Ainsi se compose, dans le jeu et la dérision, l’image du Père Ubu, symbole grotesque de l’autorit� inventé  par Alfred Jarry. Plus encore, sous ce déguisement ressurgit l’enfance de Max Ernst, une vision de "demi-sommeil" selon les termes mêmes de sa description, dans laquelle les prestiges de l’autorité  paternelle ainsi que ceux de la création artistique sont désacralisés. Derrière la bouffonnerie du pouvoir désignée par la toupie Ubu, c’est aussi toute l’esthétique traditionnelle – construction rationnelle et perspective géométrique - qui est tournée en ridicule.

Un an avant la parution du Manifeste du surréalisme, Ernst élabore non seulement la définition des voies formelles dans lesquelles il s’engage - processus complexe d’alchimie visuelle où  se superposent et se combinent des symboles résurgents de l’enfance - mais surtout le sens de sa propre attitude devant l’acte de peindre, à  la fois distanciée et ironique, qui commandera toute sa poétique.